Mon cheminement

Michel Caisse

 

L'artisan

Ma formation initiale est celle de verrier, peintre verrier pour être plus précis. Je me suis formé, ou plutôt informé, auprès de Claude Bettinger, Albinas Elskus et Gilles Desaulniers. Je suis un artisan, c'est-à-dire que, de mon point de vue,  la technique est importante. Il m’apparaît important de le mentionner car cet état de fait a encore d’importantes répercussions sur ma manière d’enseigner. 

J’ai exposé dans plusieurs salons notamment celui de Montréal et j’ai exposé dans quelques galeries dédiées aux métiers d’art. En fin de compte, j’ai exercé mon métier une bonne dizaine d’années. Je garde un vif souvenir de ces années de création.

 

Les arts médiatiques

J’ai commencé à enseigner vers 1991. Peu de temps après, soit vers 1994, on m’a offert de monter un cours d’arts et communication dans une école qui n’avait pas d’outils médiatiques ni de programme d’enseignement. j’avais carte blanche, on m’a fait confiance et je serai toujours reconnaissant à la direction d’alors de cette confiance accordée. J’ai eu la chance d’être accompagné par un technicien à la fois enthousiaste et très compétent, Pierre Rouleau. Nous avons entraîné dans notre sillage Jean-François Mongeau qui s’est joint à nous afin de monter un programme intéressant et pertinent. Notre programme d’alors nous l’avons appelé Acti-com à la suggestion de Lawrence Veilleux qui nous a accompagné dans cette aventure créatrice. Pendant un certain temps, quatre écoles secondaire de la commission scolaire des Affluents offraient ce programme. Acti-com est encore enseigné dans cette commission scolaire et, bien sûr, chaque enseignant l’adapte à ses capacités et ses champs d’intérêts.

Depuis que j’enseigne à l’école secondaire Saint-Luc, j’utilise certains projets d’acti-com et je les adapte à ma clientèle qui sont les élèves en adaptation scolaire. J’ai aussi des élèves en dernière année du secondaire (sec V) qui eux ne sont évidemment  pas en grande difficulté scolaire. De mon côté, je tente d’adapter les documents de ce programme au vocabulaire de la réforme. Le fond reste pratiquement inchangé vu l’avant-gardisme de ce programme. Évidemment, les changements technologiques bouleversent nos méthodes d’enseignement. Acti-com doit en tenir compte et les cours d’arts médiatiques s’y adaptent, c’est là la beauté de ce métier !

 

Mon opinion sur l’éducation

Large sujet ! Pour faire une histoire courte,  j’ai le sentiment que la structure du système scolaire est carrée et qu’on essaie d’y faire entrer une réforme ronde ! Je m’explique: la structure scolaire dans laquelle j’enseigne ressemble beaucoup à celle où mes parents, voire mes grands-parents se sont instruits. Pourtant les connaissances du monde ont connu une explosion inimaginable, le monde change, l’époque postmoderne apporte une nouvelle manière plus globale d’étudier et de comprendre les phénomènes de notre univers, les champs de la recherche se fusionnent, les savoirs ne sont plus compartimentés...  sauf à l’école où les matières sont compartimentées et les horaires dignes du modèle industriel taylorien du XIXe siècle. 

En définitive, pour paraphraser mon collègue Danut Zbarcea: “Il ne s’agit plus que de leur donner les bonnes connaissances, mais aussi de susciter chez eux les bonnes questions.”

 

Le lecteur intéressé en apprendra plus en lisant la conclusion de mon mémoire de maîtrise que j’ai mis en deuxième section de cette présentation.